S’inspirer de la cuisine outremer

Vincent Guilbault

L’Œil Régional – 5 mars 2011

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L’espérance de vie des Japonais reste la meilleure dans le monde; les taux de cancer en Inde sont très bas; le stress et les maladies cardio-vasculaires sont presque totalement absents chez les Méditerranéens. Peut-être que les Nord-Américains pourraient profiter des conseils de ces peuples?

Le Belœillois Michel Jodoin, acupuncteur depuis 30 ans et spécialiste en diététique et en médecine orientale, a réuni les deux grandes visions méditerranéenne et asiatique de la santé alimentaire dans un même livre. Par des études, mais aussi par ses nombreux voyages en Asie et dans la région méditerranéenne, il s’est intéressé à ce que l’on trouvait dans l’assiette de ces peuples modèles. «Même si les populations de ces deux traditions mangent des aliments différents, leur régime de vie favorise une meilleure santé, une diminution de certains cancers et une plus grande espérance de vie», souligne l’auteur.

En comparaison, il rappelle que chez les populations nord-américaines, on retrouve 10 fois plus de maladies cardiovasculaires, cinq fois plus de cancer du sein et trois fois plus de cancer de la prostate que dans certains pays comme le Japon.

Orient contre Occident

Après plus de 10 ans de travail, de recherche et d’étude, M. Jodoin a découvert une série de principes généraux qui gouvernent l’alimentation et les habitudes de ces deux populations (voir autre texte). Ces principes se retrouvent dans son livre Entre fourchettes et baguettes, Plaisir et sagesse au menu, une «bible alimentaire» de plus de 600 pages qui présente au-delà de 440 recettes inspirées de ces deux traditions culinaires. Son livre est d’ailleurs vendu dans plus de 18 pays à travers le monde.

S’il n’avait que quelques trucs généraux à donner aux gens, M. Jodoin commencerait par la fraîcheur. «Il faudrait éviter de manger des plats transformés ou industrialisés. On devrait retourner à une alimentation simple, mais contrôlée.»

Il rappelle aussi l’importance des légumes, mais surtout, des légumineuses, absentes des assiettes nord-américaines. «On retrouve des légumineuses chez tous les peuples de la planète qui jouissent d’une grande longévité. Les moins bons résultats, on les retrouve chez les populations qui ne mangent pas de légumineuses et qui mangent beaucoup de viande.»

Mais M. Jodoin ne fait pas le procès de la viande. «Dans la diététique occidentale, on mise sur l’importance des macronutriments, comme les protéines, les sucres, les gras. Mais on néglige encore trop les micronutriments, comme les fibres, les acides gras (comme l’oméga-3), les sels minéraux ou les vitamines. Il y a des protéines dans la viande, mais on ne retrouve presque pas de vitamines, sauf du fer ou du zinc, ni d’antioxydant, ni de fibres. Mais nous en retrouvons dans les protéines végétales. On ne doit pas exclure la viande, mais on doit rééquilibrer l’assiette.»

Meilleure alimentation

Les principes avancés dans son ouvrage, basés sur des observations et des études reconnues dans le milieu de la nutrition, sont selon lui compatibles avec nos connaissances, comme celles du Guide alimentaire canadien. Il ne s’agit pas de changer sa façon de manger, mais de modifier certains comportements pour améliorer sa santé. Rien de très pointu ou de restrictif.

Par contre, il se veut un peu plus critique envers les produits laitiers, incontournables au Québec. «Au Japon, on ne consomme pas de produits laitiers, que ce soit le lait, le yogourt ou le fromage. Les Japonais ont l’un des niveaux d’ostéoporose les plus bas au monde. Ils trouvent leur calcium ailleurs, comme dans la sardine, aussi riche en oméga-3. L’humain est le seul être vivant à consommer le lait d’un autre animal. Nous pouvons en prendre, mais il faut cesser de croire qu’il s’agit de notre seule source de calcium.»

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