Diététique Chinoise 101

En Médecine Traditionnelle Chinoise, de nombreux aliments sont inclus dans la littérature medicale en raison de leurs bienfaits pour la santé. Pour les Chinois, il n’y a pas de démarcation réelle entre un aliment et une plante médicinale. Chaque aliment et chaque plante étant évalués en fonction des effets qu’ils peuvent produire dans l’organisme.

 

Après des milliers d’années d’observation et d’expérience, les Chinois ont ainsi établi les effets thérapeutiques de chaque plante et de chaque aliment sur le corps humain.

Alors que la diététique occidentale s’est penchée sur l’aspect quantitatif d’un aliment (son contenu en calories, lipides, glucides, protéines etc), la diététique orientale s’est plutôt attardée à définir l’aspect qualitatif des aliments, en étudiant les effets de chacun d’entre eux sur l’organisme définissant leurs propriétés thérapeutiques. Au même titre que pour les plantes et substances médicinales, les propriétés des aliments se définissent principalement par leurs Natures, leurs Saveurs et leurs Voies d’Accès.

La Nature d’un aliment

La médecine chinoise classe les aliments en fonction de leur effet sur la température du corps. C’est ce que l’on appelle la Nature d’un aliment. Il s’agit de la sensation de chaleur ou de fraîcheur ressentie en consommant l’aliment ou après sa digestion et ceci peu importe la température où l’aliment est consommé. Le poivre, les oignons et les piments forts réchaufferont l’organisme qu’ils soient consommés crus, froids ou cuits, tandis qu’une tisane à la menthe par exemple, même prise chaude apportera une sensation de fraîcheur dans l’organisme .

Chaque aliment peut être classé comme  froid, frais, neutre, tiède ou chaud selon l’effet thermique qu’il aura sur le corps.

Natures des aliments

  • Froide
  • Fraîche
  • Neutre
  • Tiède
  • Chaude

Les textes chinois classiques affirment que «les maladies froides doivent être réchauffés, et les maladies chauds doivent être refroidis. » En conséquence, les herbes et les aliments appropriés seront choisis pour traiter les troubles en fonction de leur catégorie thermique. Des plantes ou des aliments de nature froide ou fraîche seront choisis pour traiter les troubles caractérisés par la chaleur, comme les inflammations, les maux de gorge et la fièvre. Tandis que les plantes ou les aliments réchauffants (de nature tiède ou chaude) seront choisis pour traiter des conditions froides comme le ralentissement du métabolisme, la lenteur digestive ou les extrémités froides par exemple.

Les aliments de nature chaude ou tiède vont élever la température de certaines zones du corps et activer l’énergie de certains organes. Les aliments de nature froide ou fraîche vont abaisser la température dans certains endroits du corps et ralentir la circulation du sang et de l’énergie.

Tous les aliments que nous avalons possédent une nature qui leur est propre. Cependant, le mode de préparation de l’aliment (cuisson, grillade, macération, etc.), ainsi que la combinaison avec d’autres aliments va lui permettre de modifier sa nature . Par exemple, plus il sera cuit longtemps et à feu fort, et plus il tendra à être de nature chaude, de même que l’ajout de gingembre ou d’oignons verts (de nature réchauffante) à du tofu (un aliment de nature très froide) lui permettra d’être moins refroidissant pour l’organisme .

De façon générale, sauf exception, les produits du règne végétal seront plutôt frais ou froids, tandis que les produits provenant du règne animal (comme la viande ou les oeufs) seront tièdes ou chauds.

Saveurs

La seconde propriété d’un aliment sera sa saveur. Ainsi, la médecine chinoise classera les plantes ou les aliments en fonction de leur saveur acide, amère, douce (sucrée), piquante et salée. Chacune de ces saveurs sont associés à des fonctions très précises dans l’organisme.

Saveurs des aliments

  • Acide – reliée au Foie
  • Amère – reliée au Coeur
  • Douce (sucrée) – reliée à la Rate-Pancréas
  • Piquante – reliée au Poumon
  • Salée – reliée au Rein

Ceci a directement un intérêt pratique dans la manière de s’alimenter. Ainsi :

  • une saveur va nourrir une fonction particulière (par exemple, la saveur douce agit comme un fortifiant général en favorisant le fonctionnement de la Rate)
  • l’abus d’une saveur peut blesser la fonction correspondante (par exemple, l’abus de saveur acide va affecter les tendons et les muscles, via la fonction du Foie)
  • en cas de faiblesse de telle ou telle fonction, l’organisme, sera inconsciemment attiré par la saveur correspondante.
  • en cas d’hyperfonctionnement de telle ou telle fonction, l’organisme aura une répulsion naturelle pour la saveur correspondante.

Il est donc avisé de consommer une petite quantité des toutes ces saveurs à chaque repas, telle que démontrée par les cuisines orientales (chinoises, japonaises, vietnamiennes etc) depuis des millénaires.

Voies d’accès.

De plus, sur la base de leurs effets thérapeutiques, les aliments et les plantes favoriseront certains organes plus que d’autres. Cela sera exprimé en fonction des voies d’accès qu’elles emprunteront dans l’organisme. Chaque substance empruntant un ou plusieurs des méridiens du corps. En médecine chinoise, on considère que les méridiens sont les voies d’accès qu’emprunte l’énergie pour circuler dans l’organisme. Les méridiens mettent en relation toutes les parties du corps.

C’est grâce à ces méridiens que l’énergie produite à partir des aliments est distribuée dans tout le corps. Un aliment peut avoir une action plus spécifique sur un organe ou un tissu particulier de l’organisme. Si un aliment agit particulièrement sur la digestion ou l’estomac, on dira qu’il se rend dans le méridien de l’estomac. Si un aliment améliore la toux, on dira qu’il se rend dans le méridien du poumon etc. Ainsi les « voies d’accès » d’un aliment représente la cible principale de son impact dans le corps.

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Références

Jodoin Michel Ac PhD. Cours complet de Diététique Chinoise. Éditions Li Shi Zhen et Trafford Publishing.
Jodoin Michel Ac PhD. Entre fourchette et baguettes – plaisir et sagesse au menu. Éditions Li Shi Zhen et Trafford Publishing. 2011
Chang KC et Al. Food in chinese culture. Anthropological and historical perspectives. Yale University. 1977;:429p