Dans son livre « Entre fourchette et baguettes », Michel Jodoin PhD illustre comment un régime riche en fruits et légumes éloigne maladies cardiaques et accidents vasculaires.

 

 

 

Quel est le point commun entre la Crète et l’île japonaise d’Okinawa ?

Une espérance de vie en bonne santé record grâce, notamment, à un régime diététique qui fait la part belle aux végétaux. Mais ces pays ne sont pas les seuls à présenter des habitudes nutritionnelles remarquables. Michel Jodoin, acupuncteur et praticien de médecine traditionnelle chinoise, a étudié les coutumes alimentaires des peuples présentant le plus faible taux de maladies cardiovasculaires, dégénératives et autres cancers, pour en faire un ouvrage (*) étayé de recherches nutritionnelles et épidémiologiques. Petite sélection des cuisines les plus saines.

La Crète

Les Crétois présentent le plus bas taux de mortalité lié aux maladies cardiaques grâce à leur « régime méditerranéen ». Celui-ci a commencé à être reconnu vers le milieu des années 1950 lors d’une étude sur la mortalité par maladies graves à travers le monde : durant une quinzaine d’années, 13.000 personnes âgées de 40 à 59 ans ont été suivies. Conclusion : la Crète s’est fait remarquer avec, sur cet échantillon, 3,8 % de décès par maladie coronarienne, alors que la Finlande affichait un taux record de 79,2 % et les Etats-Unis 77,3 %. Les chercheurs ont alors compris que les pays consommant des végétaux, des céréales, des légumineuses et du poisson présentaient le moins de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires, au contraire de ceux qui privilégiaient la viande rouge et les aliments riches en graisses saturées.

Okinawa

Obésité, cancers, ostéoporose, attaques cérébrales, maladies cardiaques : tous ces troubles qui déciment les populations occidentales sont beaucoup moins fréquents sur cette île au large du Japon et de Taïwan. Elle détient d’ailleurs le record mondial de centenaires, 33 pour 100.000 habitants. Une étude lancée en 1976 (bouclée trente ans plus tard) a découvert les raisons de cette longévité ainsi que le taux, jusqu’à 5 fois moins fréquent qu’en Occident, de cancers du sein, du côlon et de la prostate : poisson, riz, soja, fruits de mer, tofu et légumes à peine cuits constituent l’essentiel de leur menu. Alors que la viande est très peu consommée et les graisses et les sucres rapides quasiment pas. Bilan : des apports élevés en oméga-3, fibres et flavonoïdes par le biais des légumes, du thé vert et des épices comme le curcuma.

Le Japon

Au pays du Soleil Levant – récemment touché par la catastrophe que l’on sait –, il est d’usage de sortir de table en ayant encore un peu faim. Cette coutume, appelée « Hara Hachi Bu », permettant de manger moins, associée à une consommation d’aliments pauvres en calories mais nutritifs (riz, algues, végétaux, céréales complètes, légumineuses…) et volumineux, préserve d’un vieillissement prématuré. En effet, une alimentation trop riche favorise une oxydation exagérée, source de radicaux libres, et de vieillissement des cellules. Aussi, rester sur sa faim permet d’allonger la durée de vie de toutes les espèces animales. D’ailleurs, les analyses biologiques effectuées chez les centenaires d’Okinawa au Japon montrent qu’ils sont soumis à un niveau deux fois moins élevé de radicaux libres que leurs congénères occidentaux à 70 ans.

L’Inde

L’Inde s’évertue à proposer une cuisine favorisant l’équilibre entre le corps et l’esprit, dont le végétarisme est la base. Car, selon les Indiens, manger de la viande n’est pas naturel : nos dents et nos intestins sont en effet différents des animaux carnivores. Ces derniers présentant un intestin très court, ce qui favorise le transit rapide de la viande, minimisant l’assimilation des toxines associées. En revanche, les herbivores et l’homme présentent un intestin très long, ce qui maximise l’absorption des nutriments et vitamines contenus dans les végétaux mais aussi les toxines de la viande. Se passer de viande permet donc d’éloigner de nombreuses maladies, comme le démontrent la majorité des études actuelles et les millions de végétariens à travers le monde, par leurs taux de cancers et d’atteintes cardiovasculaires très peu élevés.

(*) Entre fourchette et baguettes, de Michel Jodoin, éd. Trafford Publishing et Li Shi Zhen, 29,37 €.

Par Christelle Mosca-Ferrazza, journaliste. C’est sur France Soir !

Article paru dans l’édition du 19 Avril de France Soir

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