La digestion selon la médecine traditionnelle chinoise

 

Pour la diététique traditionnelle chinoise, la digestion est comme une cuisson et elle demande beaucoup d’énergie. D’où la nécessité d’ingérer des aliments qui ne sollicite pas trop l’énergie de l’organisme.

 

Afin que l’estomac sécrète les enzymes dont il a besoin pour digérer les divers aliments, il doit amener les aliments autour de 40°C (104°F) pour que la digestion puisse commencer. Plus on consommera d’aliments froids, mais également d’aliments crus, plus il y aura une dépense énergétique importante pour pouvoir les réchauffer, avant que le processus de digestion-cuisson puisse commencer.

 

 

La Nature des aliments

En outre, les aliments sont classés selon leur Nature soit : Froide, Fraîche, Neutre, Tiède et Chaude. Cette classification peut se rapporter à la température de consommation de l’aliment mais surtout à l’effet thermique qu’il produit sur le corps, une fois ingéré et assimilé. Nous avons tendance en Occident à consommer beaucoup d’aliments de Nature Froide, affaiblissant notre feu digestif (notre métabolisme) et favorisant la fatigue, la formation de mucus ainsi que la prise de poids.

À titre d’exemple, le concombre est l’un des aliment les plus froids en diététique traditionnelle chinoise. Nous le consommons principalement l’été et l’automne afin de rafraîchir l’organisme lors des périodes chaudes. Cela est tout à fait convenable en très petites quantités et accompagné d’aliments cuits et chauds car nous ne vivons plus vraiment en contact réel avec notre environnement et ne sommes plus soumis aux écarts importants de température grâce à la climatisation et au chauffage. Bien qu’une consommation minimale de concombre cru soit appropriée lors des canicules, cela s’appliquera surtout chez les populations qui vivent dans des climats tropicaux.

Pour ne pas affaiblir le feu digestif (la digestion) il est nécessaire de le faire cuire, pour modifier sa nature et ainsi mieux l’assimiler. Notons que la courgette, autre légume couramment consommé l’été et l’automne, est de nature fraîche, mais est en général consommée cuite.

Au niveau préventif comme au niveau thérapeutique, le choix d’un régime va dépendre du profil de santé de chaque individu, que la médecine et la diététique chinoises analysent selon les principes du yin et du yang, du chaud et du froid, des cinq éléments etc. Les aliments, tout comme les médicaments, sont classés non seulement selon leur Nature, mais aussi selon leur Saveur : doux, salé, piquant, amer, acide. Ces saveurs ont des propriétés asséchantes ou humidifiantes que l’on va utiliser en cuisine pour agir sur les pathologies individuelles.

Attention aussi à l’excès de chaleur

Une alimentation trop froide peut accentuer un état de fatigue, provoquer de la somnolence et de la léthargie et favoriser la prise de poids. De même, l’excès de chaleur, qu’elle soit apportée par la température ou la nature chaude des aliments, est déconseillé, car il augmentera les symptômes de « chaleur » dans l’organisme comme l’inflammation, la transpiration, certains problèmes de peau ainsi que certains maux de tête.

Certains patients ont une capacité digestive faible (notamment les jeunes enfants). Dans ces cas, il faut absolument des aliments cuits et éliminer la consommation de boissons froides ou glacées. Le fait de boire froid ou glacé amène une stimulation au niveau du palais et de la gorge, mais ne correspond aucunement à un besoin physiologique. Votre estomac n’a jamais besoin de consommer un aliment glacé.

Enfin, le procédé de cuisson va contribuer à modifier la Nature de l’aliment. La cuisson à l’eau est la plus fraîche, la cuisson à la vapeur (eau + feu) est un peu plus chaude, alors qu’au four, elle est considérée comme neutre. Celle au wok est tiède, la cuisson à l’huile est chaude (les aliments frits sont plus chauds que les aliments sautés). 

Références

Jodoin Michel Ac PhD. Traité didactique de Diététique Chinoise. Éditions Li Shi Zhen et Trafford Publishing.
Jodoin Michel Ac PhD. Entre fourchette et baguettes – plaisir et sagesse au menu. Éditions Li Shi Zhen et Trafford Publishing. 2011
Chang KC et Al. Food in chinese culture. Anthropological and historical perspectives. Yale University. 1977;:429p