Votre naturopathe vous conseille de favoriser l’huile (ou le gras ) de noix de coco pour améliorer votre cholestérol sanguin, réduire votre risque de maladies cardiaques, éviter le cancer, faciliter la perte de poids, stimuler votre métabolisme, couper la faim ou pour booster votre thyroïde ? Hum, cela pose un certain nombre de questions.

L’huile de noix de coco est-elle bonne ou mauvaise pour vous?

Bien que la tendance populaire semble être favorable à l’huile de noix de coco, de nombreux experts se montrent sceptiques quant à sa popularité croissante. Pourquoi l’huile de noix de coco est-elle soudainement considérée saine après avoir été déclarée si malsaine pendant plus de trois décennies?

L’huile de noix de coco a fait peau neuve ces dernières années grâce à un marketing très sexy et de nombreux magasins d’aliments naturels et épiceries stockent le produit. Le fait que même les grandes surfaces (Costco, IGA, Métro etc) en ont sur leurs tablettes nous laisse croire que ce produit doit être validé et que nous devons sans doute avoir avantage à en consommer. (Un peu comme la diversité de produits sans-gluten, nous amenant à croire à tort qu’il est sans doute meilleur pour notre santé d’en consommer). Mais malgré tout le marketing alimentaire et le battage médiatique, il n’existe pratiquement pas de données probantes sur l’apport présumé bénéfique de cette huile. Au contraire, les scientifiques ont suffisamment d’évidences aujourd’hui pour croire que l’huile de noix de coco est loin d’être votre meilleur choix.

On lui prête cependant beaucoup de vertus, que ce soit pour améliorer l’apparence de la peau, des cheveux, pour perdre du poids, pour améliorer la santé en général, et même guérir le cancer…etc. Cependant, rien n’a changé au niveau de la composition en acides gras de l’huile de noix de coco:  86% de ses acides gras sont saturés, ce qui est un pourcentage bien supérieur au beurre (près de 65%), au boeuf (43%) et au saindoux (près de 40%).

 

L’huile de coco est donc très riche en acides gras saturés et les graisses saturées ont été associées à des taux élevés de cholestérol et à des maladies cardiaques. Bien que les nouvelles tendances alimentaires tendent à réhabiliter le gras, des directives alimentaires de longue date exhortent les Occidentaux à réduire leur consommation de graisses saturées à moins de 10% des calories quotidiennes, soit environ 20 grammes pour un régime alimentaire de 2 000 calories par jour.

Cela dit, il existe différents types d’huile de noix de coco, et l’huile de noix de coco vierge, qui est traitée doucement, peut ne pas avoir les mêmes effets nocifs que les huiles hautement transformées, même si la composition en acides gras est tout à fait similaire. Raffinée, blanchie et désodorisée, l’huile de noix de coco, qui a été traitée avec des solvants et soumise à une chaleur intense, augmente si sûrement le cholestérol que les scientifiques l’utilisent comme témoin lors d’expériences sur différents corps gras!

Est-il préférable de cuisiner avec de l’huile de coco ou de l’huile d’olive?

En termes d’impacts sur la santé, il est préférable de cuisiner avec de l’huile d’olive. Par rapport à une cuillère à soupe d’huile d’olive, une cuillère à soupe d’huile de noix de coco contient environ six fois plus de graisses saturées, ce qui correspond presque à la limite quotidienne d’environ 13 grammes recommandée par l’American Heart Association. Un apport élevé en graisses saturées a été associé à l’augmentation des taux de LDL, qui augmente clairement le risque de maladie cardiaque.

Alors que certaines recherches ont lié le principal type d’acide gras saturé dans l’huile de noix de coco, l’acide laurique, à des niveaux accrus de HDL, ou «bon» cholestérol, il semble toutefois toujours augmenter le « mauvais » cholestérol  (le LDL). Pourtant, l’huile de coco peut être un meilleur choix que d’autres sources de graisses saturées. Une vaste étude récente a montré que l’acide laurique ne semblait pas augmenter autant le risque de maladie cardiaque que d’autres types d’acides gras saturés, tels que l’acide palmitique, qui est important dans le beurre.

Les partisans de l’huile de noix de coco soulignent qu’il est riche en composés phytochimiques qui ont des propriétés antioxydantes saines. S’il est vrai que l’huile de noix de coco extra-vierge, comme l’huile d’olive extra vierge, contient des composés phytochimiques, la majeure partie de l’huile de coco sur le marché est raffinée et fournit peu d’antioxydants. Mais même si l’huile de noix de coco que vous utilisez est extra-vierge, les effets nocifs des graisses saturées l’emportent largement sur les effets bénéfiques des antioxydants.

Mais bien sûr, nous ne mangeons pas de matières grasses, de cholestérol ou d’antioxydants – nous mangeons des aliments. Ainsi, bien que l’huile de noix de coco ne soit certainement pas la solution miracle, il n’est pas nécessaire de l’éviter complètement, surtout si elle est utilisée à la place du beurre ou du shortening dans des pâtisseries ou dans un plat au curry. En règle générale, la cuisson à l’huile d’olive demeure encore le meilleur choix pour la santé globale.

Qui mange de l’huile de coco ?

Le graphique suivant illustre la relation entre la consommation d’huile de coco dans certains pays et le nombre de morts par 100,000 habitants de maladies coronariennes. Plus la consommation augmente, plus le nombre de morts par maladies coronariennes augmente.

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